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hstella_zeband
Les actus du groupe...
Entretien avec Le Choc du Mois, Janvier 2010
- Mis en ligne le 21 mars 2011
Le Choc du mois : Vous inspirant ouvertement de l’école des hussards, qui relevait plus de l’attitude que de l’embrigadement, vous refusez de séparer musique, littérature et art de vivre. Quelles sont les grandes lignes de votre esthétique ?
Hôtel Stella : Nous sommes sur scène comme nous sommes dans la vie, nous ne jouons pas un rôle. Nous avons le goût du beau, du sacrifice, d’une certaine forme d’amitié et le rejet du prêt-à-penser et du confort intellectuel, moral ou matériel. Ces valeurs ont pu s’incarner chez certains écrivains dits hussards comme chez sainte Geneviève, la patronne de Paris ou chez les communards par exemple. S’y ajoutent un goût prononcé pour l’absinthe et Paname…
Avec l’étiquette « hussards », on s’attendait à un dandysme policé à la The Divine Comedy, mais votre musique est beaucoup plus nerveuse. Quelles sont vos références ?
Je ne pense pas que le terme « hussards » soit synonyme de dandy policé. Il y a une fougue, une énergie propre aux hussards. Lorsque Nimier fonce au volant de son Aston Martin ou prend la plume pour écrire des textes acerbes sur les mœurs de son époque, il est tout sauf policé. Lorsque, d’après la légende, Blondin gifle un inconnu qu’il apprendra le lendemain être Sartre, il ne l’est pas non plus. Lorsque Jacques Laurent est poursuivi pour un de ses livres, il ne l’est pas plus. C’est donc naturel pour nous d’associer à cet esprit-là une musique énergique et rythmée. Nos références musicales sont pour autant variées. La Souris déglinguée pour l’histoire, les Sheriffs pour leur énergie sur scène mais aussi Soldat Louis et Tri Yann pour l’enracinement ou Elmer Food Beat pour le côté décalé. Les groupes que l’on aime possèdent tous un univers propre, enraciné de préférence et sont loin de toute démarche mercantile.
En jouant avec des groupes italiens comme ZetaZeroAlfa, vous vous situez d’hors et déjà dans une dimension européenne. Une scène européenne alternative est-elle en train de naître ?
Il faut éviter de mettre la charrue avant les bœufs. Avant de s’atteler à développer une scène alternative européenne, il faut d’abord aider à faire croître la scène alternative en France mais aussi plus modestement à son niveau local. Il existe une ribambelle de groupes alternatifs talentueux mais très peu de structures pour les aider à se faire connaître du public. De la même façon qu’en l’absence de ces structures, le public n’est pas au courant de l’existence d’une alternative à la musique commerciale et standardisée des majors. Chaque groupe doit alors effectuer un parcours du combattant pour trouver un lieu où répéter, un producteur pour payer l’enregistrement en studio, un diffuseur et des organisateurs de concert, etc. Il faut leur donner les moyens de se développer. C’est la démarche de ZetaZeroAlfa, qui a construit à Casapound, à Rome, un studio qu’ils mettent à disposition des autres groupes.
Propos recueillis par Jacques Cognerais pour le Choc du Mois, janvier 2010

